Qu'est ce qu'on était bien...Lui et moi dans cette chambre ! Un rayon de lumière illuminait son visage pale avec son petit nez aquilin, ses yeux vert émeraude (que je connaissais si bien et qui à ce moment précis étaient fermés), ses lèvres qui souriaient et son front si solitaire et serin, tout ça respirait doucement au fil des secondes qui s'écoulaient dans cette chambre...J'étais là si près de lui à le regarder dormir, je lui tenais la main et je me demandais à quoi il pensait à cet instant, à quoi il rêvait. Peut-être repensait-il à sa vie, à sa femme qui l'avait quittée il y a 1 mois de ça, à son fils, à moi et ces instants magiques qu'on avait passés ensemble ? Ou peut-être était-il déjà loin, peut-être lui tenait –il déjà la main et m'adressait un dernier au revoir ? Non, ce n'était pas possible ! Pas comme ça, pas maintenant ! Je me souviens d'un jour où lui et moi étions allé au parc, comme à chaque fois qu'on se voyait, et ce jour là, j'ai découvert ce train, ce petit train qui faisait le tour du parc ! Ce train rouge et blanc, avec les petits wagons et leurs grillages, la locomotive qui faisait « tchou-tchou » et dont une musique douce s'échappait ; cette musique je l'aimais, elle me rappelait ces jours où maman me berçait, j'étais si bien dans ses bras, je me suis sentie envahit de nostalgie et je lui ai demandé qu'on monte dans le train comme les autres enfants le faisait ; je l'ai regardé avec mes yeux que je savais si bien faire, cette petite moue et cette posture bien à moi et il m'a dit oui ! On est montés tout les deux, l'un à côté de l'autre sans un bruit, main dans la main et on s'est laissés porter ! Le train a traversé le parc et nous a fait découvrir son petit zoo, ses toboggans géants, cette multitude de gens qui gravitait autour du théâtre à ciel ouvert et pour finir son sublime restaurant avec une vue imprenable sur un petit lac aménagé avec sa grotte où avait été installés une biche et un faon. A la vue de ce spectacle, il me dit « regarde le petit faon, il va devenir grand et il sera magnifique comme sa maman » ; il marqua une pause avant de continuer comme s'il était ému de me dire ces mots : « toi, tu es comme ce petit faon, aussi fragile, aussi mignonne et la vie te fera grandir pour dans quelques années te faire éclore en une magnifique jeune femme. Tu deviendras la même mais en plus grande... ». Ces mots m'ont touchée au plus profond de moi et encore aujourd'hui quand je nous revois, lui et moi dans ce petit train rouge et blanc, lui tourné vers moi avec ses yeux embués de larmes et sa voix qui déraille, avec cet air de petit garçon qui m'avait tant bouleversée, les sanglots remontent jusqu'à ce que les larmes coulent...Au bout de quelques minutes, je me suis dis qu'il n'aimerait pas me voir pleurer comme ça et que s'il me voyait, il me gronderait. J'ai essuyé mes joues avec le revers de ma manche, je l'ai regardé, allongé là dans ce lit avec ce pyjama bleu et blanc, qu'est-ce qu'il était beau ! Et puis j'ai retourné la tête vers la fenêtre et je me suis à nouveau perdue dans mes souvenirs...Je me revoyais un soir de janvier où j'étais allé manger chez lui et comme à mon habitude, je suis allée vers la cuisine pour prendre la caisse où était rangée ma dînette, au passage j'ai aussi attrapé le bocal de farine, de nouille et de corn flakes et je me suis mise à l'ouvrage ! J'ai fais du glagit, comme à chaque fois que je jouais chez lui et il ne me grondait pas, non, il me regardait avec des yeux doux dans lesquels je lisais : si j'étais plus jeune, je viendrai jouer avec toi, et les miens lui répondaient : viens s'il te plaît, viens... ! Mais comme à chaque fois il tournait la tête et finissait par quitter la pièce ! Alors au fond de moi, quelque chose se cassait et j'arrêtais de jouer. Ce n'est que bien après que j'ai compris que s'il avait cette attitude, c'est parce que de vieillir, ça lui faisait peur et que l'image que je lui renvoyais était celle de sa propre enfance qui était à des kilomètres derrière lui ! Je sentis une goutte tomber sur mon bras et je revins à la réalité ! Mince, il pleuvait, je me suis levée, j'ai fermé la fenêtre, je me suis retournée vers lui et je lui ai murmuré : « je t'aime ». Les murs de la chambre d'hôpital étaient froids et des frissons me parcoururent... Alors, je me suis couchée, collée à lui et je me suis prise à rêver du jour où mon grand-père et moi, on se retrouveraient...
voilà une nouvelle que j'ai écrite il y a quelques semaines...elle retrace deux des nombreux souvenirs que j'ai avec mon grand-père paternel qui est décédé en 2000!tu me manques grand-père, je t'aime...
voilà une nouvelle que j'ai écrite il y a quelques semaines...elle retrace deux des nombreux souvenirs que j'ai avec mon grand-père paternel qui est décédé en 2000!tu me manques grand-père, je t'aime...